Photo: Marie Alloy

C’est pour rien peut-être

qu’on entre dans le vert des rencontres,

les forêts de fougères et de vent,

qu’on se perd dans leur étreinte,

qu’une ombre court encore

dans la mémoire insatiable et trompeuse,

pour rien qu’on tente de peser

en nous l’illisible,

qu’on essaie de ne pas succomber

aux chemins qu’on n’a pas voulu prendre

et aux êtres dont le souvenir

fait mal malgré tout le soleil à naître,

pour rien peut-être qu’on cherche encore

l’épaule d’une fleur où reposer,

l’épaule toujours plus nue des beautés qui expirent.

Jean-Christophe Ribeyre

Marie Alloy